Interview de Pr Jean-Winoc Decousser, président de la SF2H

Lundi 12 Janvier 2026
  
  • Pouvez-vous présenter au réseau REB ?

Je suis professeur et pharmacien biologiste spécialisé en microbiologie et en hygiène hospitalière à l'hôpital Henri-Mondor à l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Après avoir été membre du conseil scientifique de la SF2H puis de son conseil d'administration pendant 2 ans, j'ai été nommé président de la SF2H en juin 2025. C'est la première fois qu'un microbiologiste parisien est président de la SF2H.

  • Quels sont vos projets pour votre mandat de président de la SF2H ?

En tant que président, je souhaite continuer à développer la SF2H, qui compte aujourd'hui 1 100 adhérents. Nous souhaitons rendre la discipline plus attractive vis-à-vis des jeunes médecins, pharmaciens ou paramédicaux. Nous continuons à travailler sur la place de la discipline au sein de la formation initiale médicale et paramédicale, cette dernière faisant l'objet d'un nouveau référentiel en 2026. Nous avons aussi pour projet de développer les activités de recherche en prévention des risques infectieux, notamment paramédicales. Notre objectif est aussi d'émettre des recommandations plus courtes, plus réactives et plus régulières.

  • Quels liens la SF2H entretient-elle avec la COREB ?
Nous entretenons des liens réguliers. La COREB interroge si besoin notre conseil scientifique et nous nous positionnons sur le niveau de précautions complémentaires, les choix de produits désinfectants et d'équipements de protection individuelle.
En cas d'agent pathogène REB émergent, la COREB propose des mesures de prise en charge avec des recommandations adaptées face à un agent inconnu. L'objectif de la SF2H est de pouvoir dans un second temps adapter ces recommandations à la réalité du risque infectieux lié au virus, après étude de la littérature. Le but est que ces recommandations soient soutenables pour les soignants sur le moyen et long terme. 
 
  • Pouvez-vous nous expliquer en quoi les mesures d'hygiène sont essentielles pour lutter contre le risque épidémique des agents pathogènes du REB ?
L'hygiène, ou la prévention du risque infectieux, c'est appliquer au premier lieu les précautions standard afin de diminuer le risque de transmission lorsqu'on prend en charge un patient qui n'est pas classé comme un cas possible d'agent pathogène du REB.

Notre travail est donc d'expliquer aux soignants comment se transmettent les microorganismes car c'est le mode de transmission de chaque agent pathogène qui conditionnent les recommandations de prévention de la transmission.

Notre objectif est de traduire les messages de la science de manière opérationnelle pour l'ensemble des acteurs de santé, en incluant les aides-soignants et brancardiers qui sont particulièrement exposés au risque infectieux.